français

Découverte

Traduction – L’apport d’Internet

Esperanto Aktiv n° 51 – octobre 2014

Certes la machine ne peut pas remplacer entièrement l’homme dans l’art de la traduction. Où se logerait la sensibilité d’un Baudelaire traduisant Edgar Poe ? Mais la traduction assistée par ordinateur constitue un grand pas en avant ! Souvenez-vous de l’arrivée de l’espéranto sur le traducteur automatique de Google en 2012. Un peu de bruit dans le Landernau de la traduction. L’usage montre que c’est une méthode pratique pour traiter de longs textes en prose. Le gros du travail est bâti par la machine et il ne reste plus qu’à corriger les points non ou mal traduits. D’ailleurs, le site s’enrichit progressivement des propositions faites par les utilisateurs.
Quoi qu’il en soit, le traducteur humain est encore irremplaçable. Et lorsque l’humain en question, c’est vous, vous avez parfois besoin d’un bon dictionnaire. La version papier n’est pas toujours à portée de la main. Heureusement, on en trouve désormais de nombreux en ligne.

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Gaston Waringhien derrière le manuscript du premier PIV

Commençons par signaler la présence de versions numérisées de vieux et précieux dictionnaires bilingues, tels que celui de Beaufront (1904) et son pendant anglais, de Motteau (1907). Mais notons surtout l’arrivée en ligne en 2012, grâce aux travaux d’E@I et de SAT, du dictionnaire de référence de tout bon espérantophone, le Plena Ilustrita Vortaro (PIV).
Le traducteur prudent préfèrera peut-être se tourner vers l’Universala Vortaro, le seul dictionnaire reconnu par l’Académie d’espéranto. Comme mentionné dans un précédent article (cf. Esperanto Aktiv’ n° 49), ce dictionnaire est en fait celui publié dans le Fundamento de Zamenhof et complété par les suppléments officiels de l’Académie d’espéranto.

Parmi les dictionnaires en ligne les plus utilisés, lancé sur le Net à la fin des années 1990 déjà, on trouve le Reta Vortaro (ReVo), un lexique espéranto proposant de nombreuses définitions illustrées d’exemples et de citations, et accompagnées de traductions (en diverses langues, selon les contributions bénévoles). Le moteur de recherche interne permet de trouver les mots en espéranto ou en langues nationales le cas échéant. Par ailleurs, la présence d’académiciens assure une excellente qualité.

Notons au passage que ReVo propose une consultation par ordre alphabétique en partant de la dernière lettre du mot. Ceci constitue un outil puissant pour les rimailleurs. Il sert aussi de support source au Rata Vortaro (RaVo), un dictionnaire de rimes encore maintenu par Espéranto-Jeunes. Par ailleurs, une liste des mots du PIV, rangée par ordre de rimes, est également disponible en ligne, pour venir en aide aux aèdes.

Bien sûr, on trouve çà et là sur la Toile quelques listes de mots traduits (français-espéranto ou l’inverse). Elles manquent généralement de contexte et d’exemples pour optimiser leur utilisation et s’avèrent donc peu pratiques. Mais elles ont le mérite d’être compactes (exemple 1 & exemple 2).

Des listes plus spécialisées s’offrent également aux traducteurs de tout poil. Pour la maison et le quotidien : le Hejma Vortaro de Jouko Lindstedt. Pour les acronymes et les sigles : quelques abréviations espérantocentrées. Pour avoir l’air de parler le langage de la rue : le très spécial et humoristique NIV, Neniamplena Ilustrota Vortaraĉostile ! Pour ceux qui veulent sortir du droit chemin de l’Académie : le Slango kaj ĵargono de Wouter F. Pilger. Pour les biologistes, zoologues ou botanistes : diverses listes du même Pilger. Pour les geeks de la science-fiction : Dave’s Corner (anglais-espéranto). Pour les médecins (et les malades !) : le Medicina Vortareto.

À propos de glossaires spécialisés, signalons deux sites consacrés à l’informatique : le Komputada Leksikono de Sergej Pokrovskij et le puissant Komputeko, particulièrement recommandable.

Comment ? Vous trouvez que ça fait trop. Eh bien, s’il fallait ne retenir que deux dictionnaires français-espéranto (et réciproquement), le choix se porterait vraisemblablement sur le Glosbe et le Faka Terminaro de Christian Bertin, deux glossaires assez complets, avec mise en contexte et phrases d’exemples. Pour compléter le tableau, il peut être utile d’avoir recours au Multlingva tradukvortaro. Les traductions sont plus abondantes à partir de l’anglais, mais il offre déjà un petit complément des autres sources français-espéranto.

Pour s’aider dans les traductions, il ne faut pas non plus négliger Vikipedio – car le traducteur est aussi un chercheur, un journaliste, un écrivain – et son wikitionnaire.

Pour ceux qui en voudraient encore, une longue liste de dictionnaires en ligne, généralistes ou spécialisés, est mise à disposition sur Vikipedio. De quoi ravir les plus acharnés. A noter : le moteur de recherche ViVo, qui recoupe et regroupe plusieurs dictionnaires (ReVo, Wikipédia, Majstro, Komputeko, Lernu, Tatoeba...).

Autre outil indispensable à tout bon traducteur : une grammaire. Heureusement, on trouve le Plena Manlibro de Esperanta Gramatiko (PMEG) de Bertilo Wennergren sur son site.

Enfin, Roel Haveman, écrivain, traducteur et correcteur remarquable, donne de nombreux conseils précieux pour la traduction, que l’on ne saurait trop encourager à lire.

Ek al la tradukado !