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30 questions / 30 réponses (1ère partie) - Espéranto-France
français

30 questions / 30 réponses (1ère partie)

L’espéranto, certains en ont tout juste entendu parler, d’autres ont commencé à l’apprendre et d’autres le pratiquent tous les jours, mais son champ d’applications est tellement vaste qu’on en apprend tous les jours. C’est justement le but de cette lettre d’information. Ce mois-ci, nous allons repartir sur les bases en répondant aux premières questions fréquemment posées sur cette langue internationale, c’est parti !

1. Qu’est-ce que l’espéranto ?

C’est une langue.

2. L’espéranto est la langue de quel pays, de quel peuple ?

L’espéranto n’est la langue d’aucun peuple, d’aucun pays. Il appartient à une communauté de gens qui apprennent la langue et qui l’utilisent pour leurs communications internationales.

3. Quel est le but de l’espéranto ?

Les objectifs principaux du mouvement espérantophone, tels que présentés dans le Manifeste de Prague, sont les suivants : démocratie, éducation transnationale, efficacité pédagogique, plurilinguisme, droits linguistiques, diversité linguistique, émancipation humaine.

4. Comment peut-on apprendre l’espéranto ?

Il est possible d’apprendre la langue en utilisant les cours sur Internet, en se procurant une méthode imprimée ou en contactant votre association d’espéranto pour connaître les possibilités de cours.

5. Comment dit-on ... en espéranto ?

Avant de nous envoyer une question par courrier électronique, vous pouvez vérifier dans notre section vocabulaire.

6. Ça ressemble à quoi ? Comment ça sonne ?

À l’oral, l’espéranto fait penser à l’espagnol ou à l’italien, à cause de son ton mélodique chantant et de ses très nombreuses terminaisons en a et en o. À l’écrit, avec ses accents circonflexes, il fait un peu penser au tchèque ou au serbo-croate. Mais dans sa grammaire, il est unique. Aucune autre langue vivante n’est plus simple.

Le mur des je t'aime, à Montmartre - E. Richard

7. Combien de personnes parlent l’espéranto dans le monde ?

Environ deux millions de personnes l’ont appris dans environ 150 pays du monde. On évalue à quelques centaines de milliers le nombre de personnes qui l’utilisent couramment dans des échanges internationaux.

8. Si l’espéranto n’appartient à aucun peuple, peut-il être une langue ?

Oui. Il existe des langues qui n’appartiennent à aucun peuple. On les dit « supranationales ». C’était la situation du latin au Moyen-Âge. Le swahili officiel, parlé en Afrique orientale, est un mélange de plusieurs dialectes organisés de manière à faciliter les échanges entre des peuples qui utilisent des langues différentes. Bien qu’il s’agisse là aussi d’une langue artificielle, elle a le statut de langue officielle de la Tanzanie, où on l’appelle « langue interterritoriale ». En fait, il ne faut pas perdre de vue qu’une « langue » est d’abord et avant tout un outil de communication, comme le français, une langue artificielle à bien des points de vue.

9. Comment l’espéranto est-il apparu ?

La base de la langue est une brochure que le docteur Ludwig Lazare Zamenhof a publiée en 1887 à Varsovie, sous le titre Lingvo Internacia et portant le pseudonyme Doktoro Esperanto. Il est pour ainsi dire le père de la langue. Des hommes et des femmes de toutes sortes de nationalités souhaitaient un outil de communication planétaire pour approfondir leurs horizons culturels, mais ne disposaient pas du temps et de l’énergie pour apprendre les langues internationales de l’époque : le français d’abord, mais aussi l’allemand et l’anglais. Ces gens se sont mis à apprendre la langue à partir du matériel proposé par Zamenhof et ont constaté qu’ils l’assimilaient rapidement et qu’elle était adéquate pour la communication. Ils se sont mis à l’utiliser, d’abord par écrit, puis à l’oral.
C’est ainsi qu’est née une collectivité qui, quinze ans après la publication de la brochure, comprenait déjà des gens de toutes les parties de la planète : Japon, Tunisie, Madagascar, Norvège, Islande, Canada, France, Brésil... Ils ont appris la langue pour communiquer, et ils se sont mis à communiquer abondamment. Plusieurs se sont également mis à écrire des œuvres dans cette langue. C’est ainsi que la proposition de Zamenhof est passée d’un projet écrit à une langue vivante qui évoluait selon le processus normal : l’usage.

10. Pourquoi adopter l’espéranto dans les relations internationales ?

Nos gouvernements envoient chaque année des millions de dollars pour le maintien des activités de plusieurs associations internationales comme l’ONU ou l’UNESCO. Cependant, il en coûte souvent jusqu’à près de 50% des budgets de ces organisations en frais de traducteurs et d’interprètes pour permettre à tous leurs membres de s’exprimer.

Salle du Conseil économique et social, ONU - E. Richard

Ne serait-il pas préférable que cet argent aille directement aux populations qui ont besoin d’aide économique ou humanitaire ? Lorsque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé, sans étude sérieuse, de conférer à l’arabe et au chinois le statut de langues de travail, elle a accepté d’engager à cet effet un crédit initial de 5 000 000 $ par an, mais, la même année, on refusait, faute de fonds, des demandes de crédits très modestes :

Bangladesh - formation d’assistants médicaux, 148 200 $
Malaisie - réadaptation des handicapés physiques, 130 500 $
Birmanie - lutte contre la lèpre, 83 000 $
République dominicaine - mesures d’assainissement de base, 26 000 $

En 1922, après une étude approfondie, une conférence internationale réunie par la Société des Nations recommandait à tous les États d’inscrire un cours d’espéranto dans leurs programmes d’enseignement. Les grandes puissances, surtout la France, qui craignait pour la position internationale du français, ont fait bloquer le projet.

Seuls les pays développés ont les moyens de dispenser plusieurs années d’études de l’anglais ou d’autres langues dites « internationales » à leurs générations montantes. Ailleurs, seule l’élite, la classe la plus riche, peut se permettre les cours et les voyages d’immersion.

De plus, la situation actuelle affaiblit plusieurs cultures minoritaires. Qui dit apprentissage de l’anglais dit également immersion dans une culture anglo-saxonne. Plusieurs peuples à travers la planète se battent pour défendre leur culture et leur langue. Avec l’adoption de l’espéranto comme langue internationale, ces peuples pourraient conserver leur propre culture, tout en n’étant pas privés d’une communication efficace avec l’extérieur.

On estime qu’outre les 8% d’anglophones de souche, seulement 8,5% à 9% de la population mondiale sait soutenir une véritable conversation en anglais. Cette langue à l’orthographe difficile et aux 45 sons différents n’a donc pas encore fait les preuves qu’elle prétend avoir déjà montrées. Et, malgré les nombreuses percées des logiciels de traduction automatisée sur Internet, le contenu anglophone est encore difficilement accessible aux non-anglophones.

Avec un programme structuré d’enseignement de l’espéranto, il n’est même pas utopique de penser que plus de la moitié de la population mondiale pourrait utiliser l’espéranto après seulement quelques années d’étude.

Avec l’espéranto, il devient de plus en plus facile de voyager autrement qu’en touriste. L’anglais nous permet bien sûr de se faire comprendre du personnel des aéroports, des hôtels et des restaurants (et encore...), mais il ne nous aide guère à connaître véritablement les peuples des pays visités, à moins qu’on voyage en pays anglophone.

Avec l’espéranto, des milliers de voyageurs entrent directement en contact avec les populations locales, grâce au Pasporta Servo, un service d’hébergement pour espérantophones.