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Lu, vu, écouté ce mois-ci

« Krimeo estas nia », de Kalle KNIIVILÄ

Esperanto-Aktiv’ n° 59 – juin-juillet 2015

Le Finnois Kalle Kniivilä est journaliste en Suède. Il a travaillé en Finlande et en Russie, pays qu’il connait donc bien. En 2014, il écrit en espéranto, en suédois et en finnois Les gens de Poutine (Homoj de Putin), un essai qui présente ses rencontres avec diverses personnes qui soutiennent le président russe.
Cette année, il publie (toujours dans les trois langues) un nouvel essai politique, traitant de la crise en Crimée, après qu’il a rencontré différents Criméens.
Esperanto-Aktiv’ recommande ces deux ouvrages à tous ceux qui s’intéressent à la politique internationale ou à la Russie. Voici donc la traduction de la quatrième de couverture et de ce que l’auteur lui-même en dit sur son blog.

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Mot de l’éditeur

L’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 a profondément secoué le monde politique. La crise en Crimée représente une bombe à retardement, dont toutes les conséquences ne sont pas encore envisageables. L’annexion, voilà aussi une question qui divise la population.

À Sébastopol, Anne a vu son salaire de fonctionnaire doubler après l’annexion. Elle a enfin pu s’offrir la belle armoire de cuisine blanche, dont elle avait rêvé depuis longtemps, mais, à part ça, presque tout est resté comme avant. Dans son quartier, on accueille le président Poutine. Pour elle, la Russie d’aujourd’hui descend directement de la providentielle Union soviétique dans laquelle elle a grandi.

Il n’en va pas ainsi pour Eskender. Il a fait la rencontre des nouvelles autorités, lorsque des policiers lourdement armés ont frappé à sa porte au petit matin et labouré tout son appartement. Eskender est un Tatare de Crimée ; pour lui, la Russie d’aujourd’hui descend directement de la terrible Union soviétique qui a banni tout son peuple de Crimée.

Kalle Kniivilä s’est rendu en Crimée pour rencontrer des personnes ayant des points de vue très différents. L’annexion a rouvert de vieilles blessures et dressé de nouvelles lignes de conflit entre les Criméens. De nombreux habitants de Crimée aspiraient à un changement – mais est-ce bien ce changement qu’ils désirent ?


Kalle Kniivilä raconte sur son blog

Fin septembre 2014, j’ai fait le tour de la Crimée pour m’entretenir avec les partisans de l’annexion et les opposants à celle-ci. Tous voulaient de l’ordre et une société qui fonctionne – au lieu du chaos et de la corruption. Mais ils ont préféré des solutions différentes.

Ceux qui voulaient que la Crimée reste un territoire ukrainien ont volontiers parlé de la démocratie et des droits de l’Homme. C’est vers un État de droit qui fonctionne selon le modèle occidental et un rapprochement général de l’Europe qu’ils voulaient s’engager. Mais nombre d’entre eux ont préféré se taire. D’autres ont quitté la péninsule occupée pour Kiev afin de pouvoir parler librement, de pouvoir défendre ce en quoi ils croient. Pour eux, la domination russe sur la Crimée est une continuation de la répression soviétique, un insupportable écho du passé.

Ceux qui voulaient appartenir à la Russie ont volontiers parlé de la langue russe, qui, selon eux, est réprimée en Ukraine. La plupart d’entre eux, bien sûr, espéraient que l’annexion russe conduirait à des salaires plus élevés et à un meilleur niveau de vie. Mais au moins aussi volontiers, ils ont été nombreux à parler du bon vieux temps. Plusieurs partisans de l’annexion ont mentionné que Staline était un bon guide. Mais Staline, bien sûr, n’était pas aussi parfait que Poutine, a précisé l’un d’eux.

Ce livre (152 pp.) a été édité en 2015 par Mondial (New-York).

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