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Découverte : La Lernejeto.

Esperanto Aktiv n° 57 – avril 2015

Jean-François Schelcher, enseignant en école primaire, est membre d’Esperanto Strasbourg. Dans ce numéro, Esperanto-Aktiv’ l’interroge sur La Lernejeto (« la petite école »), un site internet riche en informations et documents, qu’il a créé pour ceux qui, comme lui, apprennent la langue internationale. L’adresse du site : https://lernejeto.wordpress.com/.


Jean-François, tu viens de lancer le site La lernejeto. D’où est venue cette idée ?

La première raison, c’est que j’avais « 36 000 » liens et documents que je mettais de côté pour apprendre l’espéranto. Je sais comment ça finit, ce genre de choses. Soit tu ranges bien tout ça, et tu passes ton temps à... ranger. Soit tu ne ranges pas bien, et ta collection de documents devient très vite inutilisable, ou quasi. Par ailleurs, ça me prenait des tonnes de temps de trouver sur le net les documents divers et variés dont j’avais besoin (ou envie) en tant que komencanto. Certes, c’était une activité plutôt enrichissante, mais terriblement chronophage. D’où l’idée de faire bénéficier d’autres de ces recherches, pour leur éviter d’y passer autant de temps que moi.

Quel public vises-tu avec ce site ?

Mon premier public, c’est moi ! En effet, j’ai créé le « mini-portail » que j’aurais justement aimé dénicher sur le net en tant que débutant. C’est-à-dire l’endroit où je trouve instantanément en un, deux, trois clics maximum, l’essentiel de ce qu’il me faut : des dictionnaires, une grammaire claire, un « x-convertisseur » (NDLR : pour écrire les lettres accentuées), des radios, des chansons, des vidéos, des documents multimédias sur les fondements de la langue, les méthodes gratuites et sympas pour apprendre en ligne, etc.

Mon deuxième public, c’est Muriel, une amie du club espéranto de Strasbourg, débutante comme moi ! Mon troisième... Bref, vous avez compris que mon public principal est constitué des débutants en espéranto. Mais aussi de progresantoj qui tout à la fois souhaitent un accès vers des documents de niveau plus évolué, mais aussi ont besoin de garder une proximité forte avec des documents « de base ».

Depuis quand parles-tu espéranto et comment l’as-tu appris ?

Ah, c’est une sacrée histoire ! Dire que je parle espéranto serait peut-être encore un peu présomptueux, vu que je ne suis pour l’instant qu’un kompatinda komencanto ! J’ai débuté fin septembre 2014.

Pourquoi ? Parce que j’avais parlé de l’espéranto en classe à mes élèves de CM2, de manière très ponctuelle et incidente, et puis j’ai failli oublier cela. Mais les élèves ont été extraordinairement réceptifs, cela m’a vraiment étonné. Et l’un ou l’autre m’ont relancé plusieurs fois sur le sujet. Et là, je me suis dit deux choses. Un : j’ai envie d’apprendre cette langue. Deux : je vais faire un site qui pourrait aider ceux qui veulent apprendre l’espéranto à des élèves, ou à des débutants en général.

J’ai beaucoup appris la langue sur le net. Mais, bien sûr, j’ai aussi rejoint le club espéranto de Strasbourg. Là-bas, nous utilisons la méthode Pasporto al la tuta mondo (la familio Bonvolo). Quand j’ai vu le premier épisode, j’ai eu un doute sérieux, car je suis d’un tempérament assez « rationnel » (ridoj). Mais finalement, cette méthode un peu « délirante » (mais fort structurée cependant) me plaît assez bien. Surtout, elle permet en quelque sorte aux apprenants de se constituer un embryon de culture espérantiste commune, sur un fond humoristique, ce qui est plaisant.

Mais bien entendu, il est clair au bout du compte qu’apprendre une langue, quels que soient les moyens utilisés, nécessite un effort personnel.

Comment vois-tu l’évolution de La lernejeto ?

Eh bien, elle est loin d’être « achevée ». C’est juste une sorte de fondation pour l’instant. Il y a plein de choses dont je n’ai pas encore eu le temps de bien m’occuper (améliorer le référencement, peut-être faire émerger une communauté, etc.). Je m’occuperai tranquillement de tout ça, progressivement, mais avec détermination, et dans la durée. Le défi principal, je pense, sera d’amener toujours plus d’améliorations et de ressources pertinentes, mais en demeurant d’un abord et d’une utilisation simple. Mon ambition est juste d’apporter ma pierre modeste à l’édifice espérantiste, en me faisant plaisir, et en faisant plaisir à d’autres. Ensuite, ce qu’il advient des initiatives individuelles, cela échappe en partie aux individus...

Un message à passer aux lecteurs d’Esperanto-Aktiv’ ?

Je pense qu’internet est une opportunité extraordinaire pour l’espéranto. J’enfonce sûrement une porte ouverte, là ! Mais passer de cette idée générale à sa mise en œuvre est déjà moins simple ! Ce qui se déroule sur internet est protéiforme, souvent spontané, intermittent, se prête mal aux formes d’organisation traditionnelles, et œuvrer là n’est pas toujours à la portée d’espérantistes certainement méritants, mais pas toujours à l’aise dans ce milieu. Pourtant il est de notre responsabilité historique de nous adapter vraiment aux évolutions en cours pour faire perdurer, et – pourquoi pas ! – développer, la langue internationale qui nous est chère.

Dankon Jean-François !