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Rencontre avec Briac et Maureen, actifs de JEFO

Ce mois-ci Esperanto-Aktiv’ s’est entretenu avec deux jeunes espérantistes, Briac et Maureen, très actifs à Espéranto-Jeunes (JEFO en espéranto)

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

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Briac : Bonjour, je m’appelle Briac, j’ai 21 ans. Je suis étudiant à Paris et j’ai une passion pour l’Europe centrale et orientale, que je dois notamment… à l’espéranto !

Maureen : Je m’appelle Maureen et j’ai 24 ans. Dans le milieu espérantophone, on m’appelle également « Bubalo ». Je suis étudiante en master en alternance (mais j’ai presque terminé, heureusement !). J’habite actuellement en région parisienne, mais je viens originellement d’Alsace.

Pourquoi et comment êtes-vous devenu espérantiste ?

Briac : Je voulais apprendre une nouvelle langue et pouvoir la parler couramment, avoir accès à la culture d’autres pays et des contacts à travers le monde entier : dès que je me suis renseigné sur l’espéranto, j’ai compris que c’était la langue parfaite pour moi ! Si besoin était, l’idéal profondément humaniste de l’espéranto a achevé de me convaincre. Après un apprentissage en ligne de quelques mois et un usage quotidien de la langue, au bout d’un an, je la parlais couramment.

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Maureen : L’espéranto est une de mes deux langues maternelles (avec le français) grâce à mon père. Il l’a appris dans le but de nous rendre bilingues, mes sœurs et moi, et nous l’a donc parlé tous les jours pendant 10 ans. Et on peut dire qu’il a réussi : non seulement nous parlons la langue de Zamenhof, mais en plus l’espéranto nous a donné des facilités pour apprendre l’allemand et l’anglais.
À partir de mes 6 ans, mes parents se sont rendu compte qu’il fallait que nous rencontrions d’autres enfants espérantophones afin d’intégrer réellement la langue : c’est comme ça que nous sommes allées à REF (Renkontiĝo por Esperantaj Familioj) tous les étés et à NoRo (Novjara Renkontiĝo) durant 11 ans, ce qui nous a permis de nous faire des amis espérantophones de plusieurs pays.
À 15 ans, ma grande sœur et moi avons commencé à aller chez les Verdaj Skoltoj, un groupe de scouts espérantophones pour les 8-21 ans, créé en 2012 par Valère Dumont.

Avez-vous des responsabilités dans le mouvement espérantiste ?

Briac : Depuis novembre 2025, je suis président d’Espéranto-Jeunes (JEFO en espéranto), l’association des jeunes espérantistes de France. Avant cela, j’étais déjà membre du conseil d’administration d’Espéranto-Jeunes. Dans le passé, j’ai aussi eu des responsabilités au sein des associations espérantistes internationales : je me suis occupé des activités pour les adolescents au sein de TEJO (l’Organisation mondiale des jeunes espérantophones), et j’ai ponctuellement participé à la représentation d’UEA (l’association mondiale d’espéranto) auprès de l’UNESCO.

Maureen : Actuellement assez peu ! J’ai été cheffe scout des 8-11 ans chez les Verdaj Skoltoj pendant 3 étés (expérience très enrichissante) — je souhaite changer un petit peu de rôle si j’ai le temps de participer au camp d’été de cette année.
Dans le cadre du congrès espérantophone et européen de Strasbourg en 2024, j’ai également géré une demande de subvention auprès de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, avec 2 autres jeunes (un jeune de JEFO et un de GEJ), afin de financer une partie des évènements parallèles à l’EEK, soit la rencontre pour les jeunes adultes, BRECO (organisée par GEJ et JEFO) et la rencontre pour les enfants (organisée par les Verdaj Skoltoj).
Et c’est vrai qu’en ce moment, nous organisons les rencontres mensuelles des jeunes espérantophones de Paris avec une amie !

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Parlez-nous de JEFO. Votre rôle, vos activités…

Briac : De manière générale, il convient de souligner qu’Espéranto-Jeunes est une structure unique pour regrouper les jeunes espérantistes de France, dispersés à la fois dans le pays et de par leurs usages numériques de l’espéranto. L’association permet de les regrouper, de les mettre en contact et de leur transmettre les opportunités que le mouvement espérantiste peut leur proposer. Pour les nouveaux venus, c’est une porte d’entrée inégalable vers le monde de l’espéranto !
Aujourd’hui, la principale activité d’Espéranto-Jeunes est la participation à des projets subventionnés par des structures et des programmes tels que l’OFAJ (Office franco-allemand pour la Jeunesse) et Erasmus+ ayant lieu dans le cadre d’événements espérantistes.
Pour prendre un exemple concret, en 2024, Espéranto-Jeunes a envoyé, en partenariat avec TEJO, de jeunes espérantistes de France au Congrès international de la jeunesse (IJK), en Lituanie, pour prendre part à un projet sur les pratiques culinaires comme pont entre les cultures subventionné par Erasmus+. Tout ceci s’organise : le conseil d’administration d’Espéranto-Jeunes doit se coordonner avec les associations espérantistes s’occupant des projets subventionnés pour décider combien de participants envoyer. Ensuite, il faut réussir à communiquer sur ces projets pour que les jeunes soient au courant de ce qu’on leur propose.
Par ailleurs, certaines subventions pour envoyer à l’étranger des jeunes habitant en France sont conditionnées à l’organisation parallèle d’un événement en France. Dans ce cas de figure, le conseil d’administration de JEFO doit réfléchir à sa capacité à mettre en œuvre un projet de ce type.
Enfin, je ne peux pas parler de l’organisation d’événements sans mentionner notre plus grand succès de ces dernières années : l’organisation en 2025 de FESTO, festival de musique espérantophone, avec une centaine de participants, à Moissac, en Occitanie.

Maureen : Je ne fais pas partie du « Komitato » (conseil d’administration) de JEFO donc je ne suis pas la personne la plus à même de parler des actions de JEFO.
En tout cas, je trouve qu’ils ont fait de bonnes actions ces derniers temps : l’organisation de BRECO (évènement parallèle au congrès européen d’espéranto à Strasbourg en 2024) avec l’association des jeunes espérantophones allemands (GEJ), l’organisation de FESTO (évènement festif avec des concerts tous les soirs) dans le sud de la France en 2025, la sponsorisation d’une vidéo de Linguisticae (youtubeur linguistique avec une audience de 450 000 personnes, qui avait d’ailleurs fait une série de vidéos de qualité sur l’histoire de l’espéranto)...

D’autres choses dont vous souhaiteriez parler ?

Briac : Je sais qu’il y a beaucoup de jeunes espérantistes en France qui se tiennent éloignés des associations, tout en désirant être actifs pour l’espéranto. Nous sommes ouverts aux nouvelles idées et aux nouvelles propositions, alors rejoignez-nous pour que vos initiatives voient le jour.

Maureen : Je l’ai déjà évoqué, mais les Verdaj Skoltoj ! Ce groupe de scouts m’a vraiment fait grandir ! Les Verdaj Skoltoj, c’est pour moi le groupe qu’il manquait : quand on est locuteur natif de l’espéranto, on va avec ses parents aux rencontres espérantophones pour les familles, et puis arrive un âge où on n’a plus envie… mais où on est trop jeune pour aller aux rencontres comme IJK ou JES. C’est là que les Verdaj Skoltoj viennent combler ce « trou ». Les rencontres avec les scouts permettent de passer du temps avec des enfants et adolescents de son âge et d’apprendre plein de choses sur la nature, d’apprendre à construire une tour, à faire à manger… tout ça sous la supervision d’adultes (une super équipe, vraiment).
En tout cas, si vous avez des connaissances, enfants et petits-enfants qui sont intéressés, le site des Verdaj Skoltoj vous permet d’avoir plus d’informations : https://verdajskoltoj.net/