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Entretien avec Franciska Toubale

Esperanto Aktiv’ n°154 - novembre-décembre 2025

Ce mois-ci, Esperanto Aktiv’ s’est entretenu avec Franciska Toubale, qui diffuse un programme en espéranto à Melbourne, dans le cadre de la radio multiculturelle la plus importante d’Australie. Une universitaire bretonne qui avait découvert les vertus de l’espéranto pour l’enseignement et l’a enseigné en France, en Nouvelle-Zélande, au Népal, au Vietnam et en Australie.

EA : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Franciska Toubale : Je m’appelle Franciska Toubale. Je suis née en Bretagne. À la fin de mes études universitaires, j’ai répondu à l’appel de l’Algérie, qui, au lendemain de l’indépendance, a vu ses cadres fuir à l’étranger, et j’y serais peut-être encore s’il n’y avait eu les conflits qui ont conduit à la guerre civile après l’annulation du deuxième tour des élections, début 1992. Je suis rentrée en France. C’est à cette période que j’ai appris l’espéranto ,ce qui, quelques années plus tard, m’a conduite en Australie où je réside actuellement.

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EA : Pourquoi et comment êtes-vous devenu espérantiste ?
FT : En fait, l’espéranto m’a été présenté par des espérantistes venus à l’École normale de Rennes comme la langue qui allait remplacer toutes les langues. Loin d’être attirée par cette uniformité, j’ai trouvé ce projet peu digne d’intérêt. 
Beaucoup plus tard, à force d’entendre une amie institutrice qui utilisait la méthode Freinet me vanter les qualités de l’espéranto qui lui permettait d’échanger avec d’autres enseignants à travers toute l’Europe, j’ai décidé de l’apprendre, pour voir si c’était une langue digne de ce nom. J’ai suivi le cours de Clément Martin. J’ai trouvé très intéressante cette démarche de supprimer les irrégularités qui n’apportent rien à la communication, de mettre en évidence les affixes en n’utilisant qu’un pour chaque notion. En un mot, la précision et la concision de l’espéranto m’ont conquise. Ses subtilités me laissent encore parfois perplexe.
 
EA : Avez-vous des responsabilités dans le mouvement espérantiste ? 

FT : Dès la première année, Clément Martin m’a demandé de le remplacer. Sachant que mes connaissances n’étaient pas suffisantes, j’ai accepté à condition qu’il soit présent pour corriger les erreurs ou expliquer ce qui m’était encore obscur. 
J’ai enseigné en France, en Nouvelle-Zélande, au Népal, au Vietnam, et j’enseigne toujours dans une université du troisième âge à Melbourne. 
J’écris souvent des articles pour différents bulletins ou magazines et je relis les textes écrits par d’autres avant qu’ils soient imprimés. 
Je suis responsable du groupe qui diffuse un programme en espéranto à Melbourne, chaque lundi, dans le cadre de la radio multiculturelle la plus importante d’Australie.

EA : Parlez-nous de votre activité radiophonique

FT : La radio 3ZZZ a été créée en 1989. Enfin les migrants ont eu le droit de s’exprimer dans leur langue maternelle. Les programmes sont diffusés en plus de soixante langues différentes. Malheureusement aucune langue aborigène n’est représentée. 
En plus de rechercher des thèmes qui pourraient intéresser les auditeurs et montrer que l’espéranto peut être utilisé, quel que soit le sujet choisi, je sers de lien entre l’administration de 3ZZZ et les autres membres de l’équipe. Actuellement nous sommes cinq, ce qui permet un roulement et donne plus de variété à nos programmes. 

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Pour avoir le droit de présenter un programme, il faut d’abord suivre une formation et acquérir le diplôme qui montre que l’on connaît l’histoire de la radio en Australie, les lois concernant la diffamation, le plagiat, les droits d’auteur d’une part et d’autre part que l’on sait faire fonctionner une console. 

EA : D’autres choses dont vous souhaiteriez parler ? 
FT : Mes activités en espéranto m’ont permis d’être en relation avec d’autres espérantistes dans le monde entier, d’avoir été en contact avec d’autres cultures, de mieux connaître la musique et la littérature produites par des espérantistes. Je regrette que l’art plastique soit peu représenté en « Esperantujo ».

https://www.esperanto.com.au/3zzz-esperanto-radio/