Les 16 règles de grammaire

 

 

L'espéranto ne contient en tout et pour tout que 16 règles de grammaires. Celles-ci ont été rédigées par Zamenhof dans son ouvrage de présentation de l'espéranto, écrit en cinq langues (français, anglais, russe, allemand, polonais) : "FUNDAMENTO DE ESPERANTO" (L.L.ZAMENHOF), maison d'édition Edistudio 1991, Deka eldono kun Enkondukoj, Notoj kaj Lingvaj Rimarkoj de D-ro A. Albault, pages 51 à 56.


FUNDAMENTA GRAMATIKO
DE LA LINGVO ESPERANTO
EN KVIN LINGVOJ

A) ALPHABET

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B) PARTIES DU DISCOURS

  1. L'Esperanto n'a qu'un article défini (la), invariable pour tous les genres, nombres et cas. Il n'a pas d'article indéfini.

Remarque -- L'emploi de l'article est le même qu'en français et en allemand. Mais les personnes auxquelles il présenterait quelques difficultés peuvent fort bien ne pas s'en servir.

  1. Le substantif finit toujours par o. Pour former le pluriel on ajoute j au singulier. La langue n'a que deux cas : le nominatif et l'accusatif. Ce dernier se forme du nominatif par l'addition d'un n. Les autres cas sont marqués par des prépositions : le génitif par de (de), le datif par al (à), l'ablatif par per (par, au moyen de) ou par d'autres prépositions, selon le sens. Ex. : la patr'o -- le père, al la patr'o -- au père, de la patr'o -- du père, la patr'o'n -- le père (à l'accusatif, c'est-à-dire complément direct), per la patr'o'j -- par les pères ou au moyen des pères, la patr'o'j'n -- les pères (accus. plur.), por la patr'o -- pour le père, kun la patr'o -- avec le père, etc.
  1. L'adjectif finit toujours par a. Ses cas et ses nombres se marquent de la même manière que ceux du substantif. Le comparatif se forme à l'aide du mot pli -- plus, et le superlatif à l'aide du mot plej -- le plus. Le "que" du comparatif se traduit par "ol" et le "de" du superlatif par "el" (d'entre). Ex. : pli blank'a ol negx'o -- plus blanc que neige ; mi hav'as la plej bel'a'n patr'in'o'n el cxiu'j -- j'ai la plus belle mère de toutes.
  1. Les adjectifs numéraux cardinaux sont invariables : unu (1), du (2), tri (3), kvar (4), kvin (5), ses (6), sep (7), ok (8), naux (9), dek (10), cent (100), mil (1 000). Les dizaines et les centaines se forment par la simple réunion des dix premiers nombres. Aux adjectifs numéraux cardinaux on ajoute : la terminaison (a) de l'adjectif, pour les numéraux ordinaux ; obl, pour les numéraux multiplicatifs ; on, pour les numéraux fractionnaires ; op, pour les numéraux collectifs. On met po avant ces nombres pour marquer les numéraux distributifs. Enfin, dans la langue, les adjectifs, les adjectifs numéraux peuvent s'employer substantivement ou adverbialement. Ex. : Kvin'cent tri'dek tri -- 533 ; kvar'a -- 4ème ; tri'obl'a -- triple ; kvar'on'o -- un quart ; du'op'e -- à deux ; po kvin -- au taux de cinq (chacun) ; unu'o -- (l')unité ; sep'e -- septièmement.
  1. Les pronoms personnels sont : mi (je, moi), vi (vous, tu, toi), li (il, lui), sxi (elle), gxi (il, elle, pour les animaux ou les choses), si (soi), ni (nous), ili (ils, elles), oni (on). Pour en faire des adjectifs ou des pronoms possessifs, on ajoute la terminaison (a) de l'adjectif. Les pronoms se déclinent comme le substantif. Ex. : mi'n -- moi, me (accus.), mi'a -- mon, la vi'a'j -- les vôtres
  1. Le verbe ne change ni pour les personnes, ni pour les nombres. Ex. : mi far'as -- je fais, la patr'o far'as -- le père fait, ili far'as -- ils font.

Formes du verbe :

    a) Le présent est caractérisé par as ; ex. : mi far'as -- je fais.

    b) Le passé, par is : vi far'is -- vous faisiez, vous avez fait.

    c) Le futur, par os : ili far'os -- ils feront.

    cx) Le conditionnel, par us : sxi far'us -- elle ferait.

    d) L'impératif, par : far'u -- fais, faites ; ni far'u -- faisons.

    e) L'infinitif, par : far'i -- faire.

    f) Le participe présent actif, par ant : far'ant'a -- faisant, far'ant'e - en faisant.

    g) Le participe passé actif, par int : far'int'a -- ayant fait

    gx) Le participe futur actif, par ont : far'ont'a -- devant faire, qui fera.

    h) Le participe présent passif, par at : far'at'a -- étant fait, qu'on fait.

    hx) Le participe passé passif, par it : far'it'a -- ayant été fait, qu'on a fait.

    i) Le participe futur passif, par ot : far'ot'a -- devant être fait, qu'on fera.

La voix passive n'est que la combinaison du verbe est (être) et du participe présent ou passé du verbe passif donné. Le "de" ou le "par" du complément indirect se rendent par "de". Ex. : sxi est'as am'at'a de cxiu'j -- elle est aimée de tous (part. prés. : la chose se fait). La pord'o est'as ferm'it'a -- la porte est fermée (part. pas. : la chose a été faite).

  1. L'adverbe est caractérisé par e. Ses degrés de comparaison se marquent de la même manière que ceux de l'adjectif. Ex. : mi'a frat'o pli bon'e kant'as ol mi -- mon frère chante mieux que moi.
  1. Toutes les prépositions veulent, par elles-mêmes, le nominatif.

C) RÈGLES GÉNÉRALES

  1. Chaque mot se prononce absolument comme il est écrit.
  1. L'accent tonique se place toujours sur l'avant-dernière syllabe.
  1. Les mots composés s'obtiennent par la simple réunion des éléments qui les forment, écrits ensemble, mais séparés par de petits traits '. Le mot fondamental doit toujours être à la fin. Les terminaisons grammaticales sont considérées comme des mots. Ex. : vapor'sxip'o (bateau à vapeur) est formé de : vapor - vapeur, sxip -- bateau, o -- terminaison caractéristique du substantif.
  1. S'il y a dans la phrase un autre mot de sens négatif, l'adverbe "ne" se supprime. Ex. : mi neniam vid'is -- je n'ai jamais vu.
  1. Si le mot marque le lieu où l'on va, il prend la terminaison de l'accusatif. Ex. : kie vi est'as ? -- où êtes-vous ? kie'n vi ir'as ? -- où allez-vous ? Mi ir'as Pariz'o'n -- je vais à Paris.
  1. Chaque préposition possède, en Espéranto, un sens immuable et bien déterminé, qui en fixe l'emploi. Cependant, si le choix de celle-ci plutôt que de celle-là ne s'impose pas clairement à l'esprit, on fait usage de la préposition je qui n'a pas de signification propre. Ex. : gxoj'i je tio -- s'en réjouir, rid'i je tio -- en rire, enu'o je la patr'uj'o -- regret de la patrie.

    La clarté de la langue n'en souffre aucunement, car, dans toutes, on emploie, en pareil cas, une préposition quelconque, pourvu qu'elle soit sanctionnée par l'usage. L'Espéranto adopte pour cet office la seule préposition je.

    A sa place on peut cependant employer aussi l'accusatif sans préposition, quand aucune amphibologie n'est à craindre.

  1. Les mots "étrangers" c'est-à-dire ceux que la plupart des langues ont empruntés à la même source, ne changent pas en Espéranto. Ils prennent seulement l'orthographe et les terminaisons grammaticales de la langue. Mais quand, dans une catégorie, plusieurs mots différents dérivent de la même racine, il vaut mieux n'employer que le mot fondamental, sans altération, et former les autres d'après les règles de la langue internationale. Ex. : tragédie -- tragedi'o, tragique -- tragedi'a.
  1. Les terminaisons des substantifs et de l'article peuvent se supprimer et se remplacer par une apostrophe. Ex. : Sxiller' (Schiller) au lieu de Sxiller'o ; de l'mond'o au lieu de de la mond'o.

Dernière mise à jour le 2002-06-15
Espéranto-France