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Présentation grammaticale
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Présentation de la langue par J. Joguin
(J. Joguin est l'auteur de "Parlons Espéranto"
paru chez L'Harmattan)
Alphabet et prononciation
L'Espéranto a 28 lettres (énoncer les consonnes bo, co...) :
a, b, c, ĉ, d, e, f, g, ĝ, h, ĥ, i, j,
ĵ, k, l, m, n, o, p, r, s, ŝ, t, u, ŭ, v, z. Toutes les
lettres se prononcent, et à chaque lettre correspond un son et réciproquement.
Certaines lettres ne se prononcent pas comme en français :
- a comme dans patte (pas comme dans pâte)
- c = ts : peco
(morceau)
- ĉ = tch : ĉu
(est-ce que ?)
- e comme è (non comme é) : sekrete
- g toujours dur comme dans gare : gesto
(geste) agi (agir)
- ĝ = dj : ruĝa
(rouge)
- h toujours expiré : haveno
(port) alors que aveno = avoine
- ĥ = le ch allemand ou le j espagnol : ĥoro
(choeur) (râcler en expirant)
- j comme ill dans bille : majo
(mai) - jes (oui) - kaj
(et)
- ĵ = le j français
- o comme dans bord, mort (pas comme dans loto)
: koloro (couleur)
- r légèrement roulé
: iri (aller)
- s toujours dur, jamais z : ruso
(russe), ruzo (ruse)
- ŝ = ch : buŝo
(bouche)
- u = ou : sukero
(sucre)
- ŭ comme le w de kiwi : aŭ
(ou)
L'accent
tonique tombe toujours sur l'avant-dernière syllabe. Tout ceci est représenté
dans l'image ci-contre. Entre [] figure la prononciation selon l'alphabet de
prononciation international. En 2e partie figure l'emplacement de l'accent tonique.
Celui-ci étant placé sur l'avant-dernière voyelle, il vous
faudra donc accentuer les voyelles numérotées "2". (1
représente la dernière voyelle, non accentuée, donc).
Les mots Espéranto
La plupart des mots simples (non composés) sont formés de deux
parties :
- un "radical" auquel s'ajoute
- une finale :
- 'o' pour les noms : patro
(père) = radical 'patr' + finale
'o'
- 'a' pour les adjectifs : bela
(beau)
- 'e' pour les adverbes dérivés
:
- julio (juillet) julie
(en juillet)
- patre (paternellement)
- granda (grand) grande
(grandement)
- vidi (voir) vide
(visuellement)
- 'i' pour les verbes à l'infinitif
:
- kanti (chanter)
- veni (venir)
- trinki (boire)
- doni (donner)
Ce mécanisme, qu'on peut appeler la "transparence grammaticale",
premier principe de l'espéranto, permet de reconnaître immédiatement
les différents mots ce qui facilite la compréhension des rapports
entre eux et aide fortement à l'apprentissage des autres langues (propriété
propédeutique). Cela permet aussi de fabriquer des mots, très
facilement : patr : patro (père) patra
(paternel) patre (paternellement) patri
(se comporter en père : "paterner") onklo
(oncle) onkla (avunculaire !) la
onkla domo : la maison de l'oncle.
On peut constater que la formation des mots laisse les radicaux inchangés
: c'est le second principe fondamental de l'espéranto.
Le pluriel
j pour les noms et les adjectifs : belaj
domoj (de belles maisons)
Conjugaisons
Même terminaison à toutes les personnes et pas de verbes irréguliers
:
- mi kantas (je chante)
- vi venas (tu viens ou vous venez)
- li ou ŝi trinkas
(il ou elle boit)
- ni kantas (nous chantons)
- ili venas (ils ou elles viennent)
- is pour le passé
- os pour le futur
- us pour le conditionnel
- et u pour le volitif (impératif-subjonctif)
- venu (viens ou venez)
- li venu (qu'il vienne !)
L'interrogation
Elle commence toujours par un mot interrogatif :
- ĉu li venis ? (est-il venu ?)
- kiu kantos ? (qui chantera ?)
La négation
Un seul mot négatif par proposition : mi ne
venos (je ne viendrai pas)
Le n-complément : un point délicat mais puissant
Ce n-complément, utilisé fréquemment, est marqué
par la finale 'n' et intervient :
- pour marquer la finalité de l'action (donc son but)
- pour remplacer une préposition
La finalité de l'action revêt plusieurs aspects :
- le cas le plus simple correspond à l'objet de l'action (complément
d'objet) : ili konstruas belan domon (ils construisent
une belle maison)
- le second correspond à un but dans l'espace ("mouvement vers"
ou finalité spatiale) : ni iros Parizon
= ni iros al Parizo (nous irons à Paris)
et, dans ce cas, la finale 'n' peut s'ajouter
à un adverbe : mi estas supre (je suis
en haut) - venu supren (viens en haut = monte)
- le troisième à un but dans le temps (finalité temporelle)
: mi venos lundon (je viendrai lundi)
- le quatrième à un but lié à une transformation
: traduki la francan en esperanton (traduire
le français en Espéranto)
On voit que, contrairement à ce que beaucoup croient, l'espéranto
est une langue très flexible et en même temps très précise.
Cette "souplesse syntaxique" constitue le troisième principe
de l'Espéranto. Elle permet de s'adapter à de nombreuses langues
(propriété importante pour une langue internationale) :
- ili domon konstruas ou domon
ili konstruas...
- lundon venos mi (c'est lundi que je viendrai)
- mono ne donas feliĉon ou (mieux) mono
feliĉon ne donas (l'argent ne fait pas le bonheur)
Quant à la précision, elle permet d'éviter les ambiguités,
propriété essentielle pour les rapports internationaux et notamment
pour la terminologie scientifique (cf. ci-dessous) :
"je le connais mieux que vous" se traduira par mi
konas lin pli bone ol vi (ou ol vin) selon
le sens.
Formation des mots par affixation :
- "et" = diminutif : dometo
(maisonnette)
- "eg" = augmentatif : grandega
(très grand)
- "ebl" indique la possibilité
:
- vidi (voir) videbla
(visible) videbli (être visible)
- fari (faire) donne : ĉu
tio fareblas ? (cela est-il faisable ?)
- "ul" indique qu'il s'agit d'un
individu : juna (jeune) junulo
(un jeune)
- "mal" indique le contraire : supre
(en haut) malsupre (en bas) malsupren
(vers le bas)
- c'est de cette façon que l'on distingue les sexes car l'Espéranto
n'a pas de genre grammatical :
- la table (la tablo)
- le lit (la lito)
- le père (la patro)
- le boeuf (la bovo)
- la vache (la bovino)
- le sanglier (la apro)
- la laie (la aprino)
On voit, en passant, qu'il n'y a qu'un seul article défini (et il n'y
a pas d'article indéfini)
Ces affixes :
- laissent les radicaux inchangés (second principe)
- peuvent s'employer seuls en conservant leur sens : eble
(peut-être) - eta domo (petite maison)
d'où des mots formés entièrement d'affixes : mia
etulino (ma petite) est immédiatement compréhensible
quand on connaît le sens des affixes.
Formation des mots composés
Ces mots sont extrêmement nombreux :
- skribotablo = table à écriture
= bureau
- manĝoĉambro = salle à manger
- supreniri = aller vers le haut = monter
- grizbarba viro = un homme à la barbe
grise
Ce mécanisme permet de renforcer encore la précision :
bouclier thermique : kontraŭvarma ŝildo
imprimante thermique : pervarma printilo
kontraŭvarma = (kontraŭ
la varmo)-a (kontraŭ
= contre - varma = chaud) - per
= par, au moyen de
Dernières remarques
- l'Espéranto est une langue vivante car elle évolue : elle
est passé de 931 radicaux à sa naissance à plus de 20
000 aujourd'hui et, grâce aux mécanismes vus plus haut, elle
dispose de quelque 250 000 mots, ce qui en fait une langue très riche.
- cette langue n'est pas une langue flexionnelle comme la plupart de nos
langues occidentales (dont le français ou l'anglais) mais une langue
plus proche des langues agglutinantes (turc...) ou isolantes (chinois...).
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Dernière mise à jour le
2002-06-15
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