français

Lu, vu, écouté ce mois-ci

« Sen Elizi’ » de Ĵak Le Puil

Esperanto Aktiv n° 53 – décembre 2014

Les amateurs de chanson retrouveront Ĵak Le Puil avec délice pour ce sixième album (le deuxième CD). C’est avec une jubilation non déguisée que nous découvrons ces textes, des petits bijoux toujours ciselés avec précision. Ils sont tantôt les fruits de l’interprète ou de ses vieux complices Jopetro Danvy et Georges Lagrange, tantôt commis par d’autres grands de notre langue internationale, Christian Sedant, Evgenij Mikhalski, Stefan Maul, Marjorie Boulton, Mazda. Tous jouent avec les mots et avec les sons, et pas seulement pour les rimes riches.

Si Ĵak Le Puil signe seul les mélodies de ces chansons originales, il est toutefois accompagné d’autres grands pour l’interprétation. La guitare de JoMo répond à la contrebasse de Pierre Bouvier. Et suivant l’exemple de la chanson titre, Sen elizi’, une « pompe » donne à certaines chansons un accent de Brassens. Jean-Claude Patalano vient mettre une touche de saxo, de clarinette ou de flûte et Yo accompagne le tout à la batterie.

Les chansons sont engagées, comme on l’attend de pareil artiste ; encore une fois, comment ne pas penser un peu à Brassens. L’humour foisonne, parfois clair, parfois noir. Mais la palette des sentiments est plus large. L’amour est au centre de Ho, mia amatin’ ou de cette ode à la femme qu’est Al virino ; la colère nourrit la très humoristique confession d’un assassin (Murdo-konfeso) ; un ton plus mélancolique s’élève de certains titres, par exemple lorsque JoMo troque la guitare pour une balalaïka, dans Hejmo ou Estis por vi nur aventuro.

Viennent s’adjoindre aux chansons originales quelques traductions. Ĵak Le Puil reprend le grand classique de la résistance italienne Bela ciao traduit par Renato Corsetti (Ho belulin’). Il nous offre également deux morceaux de bravoure, deux standards des salles de garde : l’adaptation de la vengeresse Femme du roulier par Jacques Manceau (La Edzino de la kolportisto) et celle de la chanson à boire Chevaliers de la table ronde par Michel Duc-Goninaz (Kavaliroj de l’ ronda tablo).

# Kavaliroj de l’ ronda tablo
# Bona vino atendas vin
# Bona vin’ – jes, jes, jes
# Bona vin’ – ne, ne, ne
# Bona vino atendas vin

Enfin, la chanson française a toujours sa place dans l’album de Ĵak Le Puil. Georges Lagrange propose Klifo kaj maro, une traduction de La falaise et la mer de Ghislain Schreurs, et on termine sur le sucré de Je reviens chez nous de Jean-Pierre Ferland, adapté en Revenas mi par Jopetro Danvy.

# Faru fajron en la kamen’
# Venas mi al hejm’
# Gravas nur la varmeco en
# Gravas nur ni mem

À bientôt 40 ans de carrière, souhaitons à Ĵak Le Puil encore de longues années de chanson aussi réussies.


Signalons également la sortie d’un album de Jim Petit le 1er novembre chez Vinilkosmo. Ce musicien ouvrira les shakras des amateurs de musique hindoustanie. Contrairement aux chanteurs de pop-rock qui utilisent cette technique pour obtenir un effet de glissando, Jim Petit utilise la guitare « slide », dont il joue à plat, pour remplacer le sitar traditionnel.
Il a choisi, pour son troisième album, Karma, de chanter (lorsque la voix s’exprime) en espéranto.

Sorti le 11 novembre 2014, l’album Sen elizi’ de Ĵak Le Puil est disponible sur le site du producteur, Vinilkosmo.
Le CD est disponible au prix de 15,72€.
Les formats mp3 et FLAC sont disponibles au prix de 10€.


Sorti le 1e novembre 2014, l’album Karma de Jim Petit est disponible sur le site du producteur, Vinilkosmo.
Le CD est disponible au prix de 15,50€.
Les formats mp3 et FLAC sont disponibles au prix de 8€.